
2023 © Maxim Tabachnik


Mithra était un dieu iranien dont le nom signifie contrat ou amitié, vénéré comme garant solaire de l’ordre social et du pouvoir royal. Dans le monde romain, son culte apparut à la fin du Ier siècle de notre ère comme une religion à mystères réservée principalement aux initiés masculins, souvent des soldats. Selon le mythe, Mithra naît d’un rocher, muni d’un couteau, d’une torche et d’un bonnet phrygien ; il vainc le Soleil pour obtenir une couronne rayonnante et accomplit l’acte central de la tauroctonie : la mise à mort d’un taureau, accompagné d’un corbeau, d’un chien, d’un serpent, d’un scorpion et de symboles de fertilité comme le blé jaillissant de la queue de l’animal.Le culte était pratiqué dans des mithréums souterrains — des salles rectangulaires terminées par une abside, avec des banquettes latérales où les initiés partageaient un repas rituel de pain et de vin, faisant face à une image de la tauroctonie. Le mithraïsme organisait ses fidèles en sept grades d’initiation, de Corax (Corbeau) à Pater (Père), guidant les membres à travers un voyage symbolique lié aux cycles cosmiques de commencement et de fin, d’aube et de crépuscule, de Soleil et de Lune.



L’Ancien Latium était une région bien plus petite que le Latium actuel, délimitée par les fleuves Tibre, Sacco, Liri et Garigliano, ainsi que par la mer Tyrrhénienne. La tradition distingue le Latium Vetus, situé entre le Tibre et le mont Circé, habité par les Latins, du Latium Adjectum, annexé plus tard aux dépens de peuples voisins tels que les Ausones et les Aurunques. Rome s’urbanise tôt à l’âge du Fer, tandis que des centres comme Lavinium, Ardea, Anzio, Satricum, Gabies, Tivoli et Préneste se développent plus tard — des dates aujourd’hui révisées à une période plus ancienne grâce à la dendrochronologie et à l’analyse au radiocarbone.

Le paysage du Latium est très varié : au nord, les reliefs volcaniques dominent autour des monts Albains ; au sud, des chaînes calcaires des pré-Apennins (Lépini, Ausoni, Aurunci) encadrent la région. Les plaines côtières — Campagna Romana, plaine pontine et plaine de Fondi — s’élèvent en pente douce vers l’intérieur. De grands fleuves comme le Tibre, l’Aniene, le Sacco, le Liri et le Garigliano offraient des voies naturelles de circulation et des frontières avec l’Étrurie, la Sabine, les Abruzzes et la Campanie, tandis que les cours d’eau plus modestes formaient un dense réseau interne. Ces contrastes géomorphologiques ont façonné des centres de pouvoir changeants, les monts Albains occupant une place de premier plan aux périodes anciennes, avant d’être éclipsés par l’expansion de Rome.


Le Latium a un climat méditerranéen, avec des étés chauds et secs et des hivers humides qui ont favorisé la transhumance saisonnière des troupeaux. La végétation va du maquis côtier en dessous de 500 m aux bois mixtes et aux hêtraies aux altitudes plus élevées. Les sols volcaniques sont particulièrement fertiles, tandis que les zones marécageuses (assainies seulement récemment) et de nombreuses régions calcaires méridionales sont plus pauvres. La subsistance antique associait céréales (amidonnier, orge, engrain, millet, blé, épeautre), légumineuses et élevage — chèvres, porcs, bovins — complétés par la chasse et les ressources fluviales. Les chevaux sont attestés dès l’âge du Cuivre, et les chats domestiques apparaissent archéologiquement à partir du IXe siècle av. J.-C.

L’analyse paléodémographique de cimetières tels qu’Osteria dell’Osa suggère que ceux qui atteignaient l’âge de 20 ans pouvaient espérer, en moyenne, environ 25 années de vie supplémentaires. Parmi les adultes, les femmes étaient nettement plus nombreuses que les hommes, avec un ratio d’environ 0,73 homme par femme. Au cours de la deuxième période latiale (Xe–IXe s. av. J.-C. env.), les hommes adultes recevaient souvent un traitement funéraire distinct : au début, ils étaient généralement incinérés et, plus tard, parfois exclus des inhumations dans l’espace sacré principal. Les changements dans les rituels et dans le mobilier funéraire révèlent l’évolution des idées sur le statut, le genre et la relation de la communauté avec ses morts.


Fragment de mosaïque Boxeur
Ce fragment de mosaïque (vers 200 apr. J.-C.) provenant des thermes de Caracalla à Rome représente un athlète romain, en capturant l’intensité de son regard. Réalisé en pierre (tesselles), de petites plaques carrées, il illustre l’accent mis par l’art impérial tardif sur le réalisme et la musculature idéalisée. De telles œuvres célébraient l’endurance physique et le spectacle des jeux publics, reflétant l’importance culturelle de la prouesse athlétique dans la société romaine.
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