
2022 © Maxim Tabachnik



Les épices de ces tourtes étaient souvent obtenues par la Compagnie néerlandaise des Indes orientales (VOC) au moyen de la violence et de l’esclavage. Les clous de girofle venaient d’Ambon, l’une des îles Moluques, conquise par la VOC en 1605. Les habitants d’Ambon devaient récolter les clous de girofle aux côtés de travailleurs réduits en esclavage par la VOC. La noix de muscade provenait des îles Banda (au sud d’Ambon), prises par la force en 1621. Des personnes réduites en esclavage devaient cueillir les graines de muscade dans les plantations et en retirer l’enveloppe (arille).



L’esclavage en Asie, en Afrique ou dans les Amériques a longtemps été courant et difficile à éliminer. Les premiers Rembrandt furent vendus à des acheteurs dans les années 1630. Les personnes réduites en esclavage pouvaient naître dans cet état ou être vendues à l’étranger par leurs propres autorités. Selon les chercheurs du Rijksmuseum et du Musée d’Amsterdam, la ville d’Amsterdam a partagé les bénéfices de la traite des esclaves. L’un des modèles de Rembrandt, par exemple, était un homme réduit en esclavage. Après son arrivée, il n’était toujours pas libre, mais il a également pu intenter une action en justice pour obtenir sa liberté.



Après la mort de son mari Marten Soolmans, Oopjen épousa Maerten Daey. Avant leur mariage, Daey avait passé quelques années au Brésil. L’histoire tragique de Francisca, réduite en esclavage, nous est parvenue grâce à des sources contemporaines. Daey l’avait capturée, enfermée et violée à plusieurs reprises. Lorsque l’on découvrit que Francisca était enceinte, il la renvoya et refusa de reconnaître leur fille Elunam.



Marten et Oopjen devaient leur richesse au travail des personnes réduites en esclavage. À Amsterdam, le père de Marten, puis plus tard le couple lui-même, firent fortune grâce au raffinage du sucre brut en provenance du Brésil. Là-bas, il avait été cultivé, récolté et transformé par des Africains réduits en esclavage. En peu de temps, le sucre était devenu très populaire en Europe, et il rapportait énormément d’argent. La demande européenne était en grande partie satisfaite par l’industrie sucrière d’Amsterdam. Cette production immense n’aurait pas été possible sans le recours massif à des personnes en situation d’esclavage.



Maison de poupée du XVIIe siècle de Petronella Oortman
Cette maison de poupée du XVIIe siècle, réalisée pour Petronella Oortman à partir de 1686, est en chêne, avec de l’écaille de tortue et de l’étain. Elle reproduit une véritable demeure avec des matériaux et des proportions authentiques, mesurant 255 cm de haut et 190 cm de large. En 1718, sa valeur équivalait à celle d’une maison sur un canal. La maison de poupée comprend des pièces telles qu’une chambre d’enfant, une cuisine et un grenier des domestiques, illustrant l’opulence de la vie domestique néerlandaise.
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