Gori
Gori (mentionnée pour la première fois au VIIe siècle) se trouve au centre de la Géorgie, avec une réputation encore aimantée par un seul nom — Joseph Staline —, mais l’identité de la ville est plus vaste et, plus discrètement, faite de strates. À l’arrivée, elle paraît provinciale et stable : rues basses, cours intérieures et boutiques pratiques sur une large plaine, tandis que la forteresse au sommet de la colline ancre la ligne d’horizon, rappel d’anciens confins. Longtemps placée sur les routes intérieures de la Géorgie, Gori a été façonnée par le passage et l’administration plus que par la mise en scène, et le quotidien garde un rythme fonctionnel de petit commerce et de services locaux. La mémoire soviétique est présente mais largement contenue, surtout dans le complexe muséal où un modeste lieu de naissance en bois jouxte le théâtre pesant d’objets conservés ; hors de ces salles scénographiées, le ton est direct et sans ostentation, et l’hospitalité s’exprime autour de tables partagées et de produits de saison.